Réussir l'égalité femmes-hommes

Tollé contre le rapport officiel du CAPES de Lettres

Extraits de l'article des Nouvelles News

Avec davantage de professeurs masculins, l’image de la discipline sera moins dégradée : cette remarque dans le rapport officiel du CAPES de Lettres ne passe pas. Un collectif interpelle le ministère et lance une pétition.

Quelques mots qui « légitiment l’opinion sexiste qui voudrait que l’enseignement soit moins crédible assuré par des femmes ».

L'auteur du  incriminé, le président du jury et Inspecteur général de l’Éducation nationale Patrick Laudet, s’y félicite que de plus en plus d’hommes s’orientent vers le métier de professeur de Lettres – dont le concours du CAPES est la porte d’entrée : en 2016, les garçons représentaient 23% des admis, contre 17% en 2013.1

« Pour qui est légitimement soucieux de parité, c’est là une tendance vraiment encourageante », juge Patrick Laudet. Mais le message se gâte ensuite peu à peu. Voir de plus en plus de garçons est « un symptôme d’attractivité nouvelle pour le métier de professeur de Lettres. Enseigner les lettres n’est pas une spécificité féminine et nos élèves ont besoin de l’expérimenter au quotidien. Ils y gagneront incontestablement, les garçons entre autres ». Et de conclure : « La présence accrue d’hommes pour enseigner les Lettres contribuera à affiner l’image parfois dégradée qu’ils [les élèves, NDLR] ont de la discipline. »

« Ce qui nous a choqués », indique Sophie, l’une des membres du collectif, professeure de Lettres, « c’est qu’on trouve cette remarque dans un rapport officiel, alors même que l’Éducation nationale est censée lutter contre les stéréotypes sexistes.»

« Ce qui nous a fait hurler, c’est aussi l’hypocrisie derrière son soutien affiché à la parité. Se féliciter qu’il y ait davantage d’hommes dans un métier féminisé, très bien. Mais il faudrait aussi se soucier du fait que, plus on monte les échelons, moins on voit de femmes. Les nominations d’enseignants en classe prépa, par exemple, sont à la discrétion de l’Inspection générale. Et là, on a vraiment l’impression qu’il y a un favoritisme pour les garçons », témoigne la professeure de Lettres.