Réussir l'égalité femmes-hommes

Conseil supérieur des programmes

Le Conseil supérieur des programmes  (CSP) mis en place par Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, puis par Najat Vallaud-Belkacem, travaille à l'élaboration des nouveaux programmes scolaires. Il a remis son premier projet le 15 avril 2015, puis un deuxième projet en septembre.

Voir la lettre ouverte des associations sur cette mouture.

Quatorze associations importantes de femmes se sont réunies autour de REFH  pour s'adresser aux dix-huit membres qui composent le CSP et leur demander que, dans les nouveaux corpus et à tous les niveaux des cursus,  l’enseignement français intègre, en matière d'égalité filles-garçons/femmes-hommes,  les apports que la recherche scientifique  a validés depuis près d’un demi-­siècle et que plusieurs pays européens ont incorporés dans leur système éducatif. Il est urgent — disons-nous —  de mener à bien la lutte contre les stéréotypes dans tous les domaines, dans toutes les disciplines,  avec l’aide d’outils pédagogiques renouvelés, à tous les niveaux de l’enseignement, à commencer par l’école maternelle puis élémentaire. 

Les associations ont analysé, sous le prisme de l'égalité filles-garçons/femmes-hommes, le projet de programmes scolaires remis par le CSP en avril 2015 et ont envoyé cette analyse à Michel Lussault. De nombreux éléments ont été repris dans la contribution du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

L'analyse montre que ces programmes ignorent totalement la question de l'égalité filles-garçons/femmes-hommes.

•  Le principe d’égalité filles/garçons, femmes/hommes est absent des programmes (sauf très ponctuellement) alors qu’il est fondamental dans la compréhension et l’explication des sociétés et du monde. Nous souhaitons qu’il apparaisse comme tel  dans toutes les disciplines et pour toutes les orientations d’éducation. Nous renvoyons aux prescriptions de la loi du 4 août 2014 ainsi qu’aux textes et directives officielles.

•  Les programmes proposés sont quasi exclusivement rédigés au masculin. Nous souhaitons que leur rédaction soit au masculin ET AU FÉMININ (comme il a été retenu : « Les Françaises et les Français », nous proposons d'ajouter systématiquement les féminins : femmes et hommes, filles et garçons, citoyennes et citoyens,  ouvrières et ouvriers, etc.).

•    Les stéréotypes sexués ne doivent pas échapper à la vigilance de tout éducateur-éducatrice. Il importe donc que la lutte contre les stéréotypes  fasse partie des recommandations officielles tant dans les orientations  que dans l'ensemble des disciplines (sciences dures comme sciences sociales).

•  L'intégration d'une réflexion sur le genre et l'égalité dans les programmes des différentes disciplines doit aider à comprendre comment les inégalités et les préjugés se perpétuent, et permettre de mieux les combattre.

Après de nombreuses demandes de rendez-vous auprès du Président du CSP, Michel Lussault, l'ensemble des associations a été reçu, le 7 juillet, par Marie-Christine Blandin, sénatrice, membre du CSP.

 Approches pluridisciplinaires du genre (ARPÈGE) ; Association de jeunes chercheuses et chercheurs en études féministes, genre et sexualités (EFIGIES) ; Association de recherches sur le genre en éducation et formation (ARGEF) ;  Association nationale des études féministes (ANEF) ; Centre Hubertine Auclert, Coordination française pour le Lobby européen des femmes (CLEF); Femmes & mathématiques (F & M) ; Femmes et sciences ; Femmes ingénieurs ; Institut Émilie-­du-­Châtelet pour le développement et la diffusion des études sur les femmes, le sexe et le genre (IEC) ;  Laboratoire de l'égalité, Mnémosyne : association pour le développement de l'histoire des femmes et du genre ; Réussir l’égalité femmes-hommes (REFH), Fédération de recherche sur le genre (RING).

Voir l'analyse en détail

A la suite du rendez-vous avec Marie-Christine Blandin, dans le cadre de notre collectif d'associations, deux enseignant-e-s de langue française, Christine Planté et Yannick Chevalier de l'université de Lyon, ont proposé en août 2015 cette note au Conseil supérieur des programmes (CSP), pour être appliquée dans les programme scolaires en cours de révision.

Pour un usage non discriminant de la langue française.